Le sommeil et ses troubles

Médecin spécialiste
des troubles du sommeil

Quels sont les troubles du sommeil ?

La somnolence diurne excessive

La somnolence diurne excessive affecte près de 15 à 20 % de la population quand elle est modérée et de 6 à 11 % quand elle est sévère. Elle se manifeste par des endormissements involontaires plus ou moins contrôlables, au cours de la journée. Elle affecte considérablement la qualité de vie, avec une diminution des performances scolaires et professionnelles et est susceptible d’entraîner de graves conséquences. Près de 28% des accidents mortels de la route lui sont attribués, ainsi que certaines catastrophes tristement célèbres (le pétrolier Exxon-Valdes, la navette spatiale Challenger).

Les troubles respiratoires liés au sommeil :

Le syndrome d’apnées du sommeil (SAS) est défini par la survenue au cours du sommeil d’apnées et d’hypopnées. Ces événements respiratoires sont définis par l’interruption (apnée) ou la diminution de plus de 50% du flux inspiratoire (hypopnées), durant plus de 10 secondes, survenant en nombre supérieur à 10/h de sommeil.
Il touche 5-7% de la population générale mais concerne 15% des personnes de 70 ans et plus. Un accroissement de la prévalence de ce trouble est attendu du fait de l’augmentation continue de la prévalence de l’obésité dans le monde.
Les chiffres de prévalence laissent entrevoir que seul 15 % des patients atteints de SAS sont dépistés. Le coût direct de ce syndrome aux USA a été estimé à 250 millions d’euros pour une population 5 fois plus nombreuse que celle de la France et est principalement lié aux complications cardiovasculaires de la maladie : hypertension artérielle, accidents coronariens et vasculaires cérébraux.
Les apnées sont en effet grevées d’une morbidité et d’une mortalité importante, liées d’une part à une hyperactivité sympathique (augmentation du tonus sympathique à chaque micro-éveil engendré par une apnée) entrainant un cortège de conséquences cardio-vasculaires et d’autre part à une somnolence diurne susceptible d’être responsable d’accidents de la voie publique et/ou du travail.
Citons également les autres pathologies respiratoires du sommeil dont la prévalence est plus rare que le syndrome d’apnées obstructif du sommeil : Le syndrome de haute résistance des voies aériennes supérieures, le syndrome d’apnée centrale du sommeil, le syndrome d’hypoventilation/hypoxemie liés au sommeil et les malaises graves du nourrisson associés à des troubles respiratoires pendant le sommeil.

L'Insomnie :

L’insomnie chronique touche 20% de la population et est sévère dans 6 à 9% des cas. Celle-ci est responsable en France d’une consommation excessive de psychotropes. Elle entraine d’autre part une baisse d’efficacité et de rendement dans le milieu professionnel. Elle est associée à une plus grande fréquence d’arrêts de travail, de consultations médicales et d’hospitalisations.

L'Hypersomnolence d’origine centrale :

Les pathologies de la vigilance diurne sont la Narcolepsie-cataplexie et l’hypersomnie idiopathique.
La narcolepsie est une maladie chronique et invalidante qui peut être responsable d'accidents du travail et/ou de la circulation. Cette pathologie est définie cliniquement par une tétrade narcoleptique qui associe endormissements en sommeil paradoxal, cataplexie, hallucinations hypnagogiques et paralysies du sommeil. Il faut y ajouter un cinquième signe : la mauvaise organisation du sommeil nocturne.
Elle se caractérise par une somnolence diurne excessive comportant des accès de sommeil quasi irrépressibles qui surviennent par vagues au cours de la journée. Les siestes sont réparatrices, permettant de disposer pendant une durée plus ou moins longue d'une vigilance normale. Cette somnolence peut-être très invalidante en l'absence de traitement.
Les attaques de cataplexie sont des accès de résolution du tonus musculaire, d'une durée variant d'une fraction de seconde à plusieurs minutes, qui peuvent être partielles (mâchoire, membres supérieurs) ou généralisées, entraînant alors une chute. Leur particularité est d'être très souvent provoquée par une émotion, en particulier un éclat de rire.
L'hypersomnie idiopathique comprend une somnolence diurne anormale, des accès de sommeil moins brutaux, de plus longues durées, qui n'entraînent pas la restauration d'une vigilance normale (siestes non rafraîchissantes) et ne sont jamais accompagnés de cataplexie.

Les troubles du rythme circadien :

Ils concernent entre 7 et 16% des adolescents et des adultes. Sont distingués le syndrome d’avance de phase, le syndrome de retard de phase et le syndrome hypernycthémeral.

La désynchronisation liée au travail posté :

Le travail posté et de nuit concerne 5 millions de travailleurs salariés en France entrainant des troubles du sommeil et de la vigilance avec pour corollaire un risque cardio-vasculaire, d’obésité et de cancer du sein accrus, ce qui semble prouvé par plusieurs études de cohorte.

Les troubles moteurs liés sommeil :

Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) est reconnu actuellement comme étant une affection de nature neurologique. C’est une maladie sensitivo-motrice, particulièrement difficile à décrire par les malades, qui impose de bouger les jambes pour atténuer la gêne. Celui-ci est associé dans 80 % des cas au syndrome des mouvements périodiques. A l'inverse, les mouvements périodiques du sommeil s'observent souvent isolément, sans syndrome d'impatience des membres inférieurs.
Le syndrome des mouvements périodiques des jambes (MPJ) se caractérise par la survenue au cours du sommeil de salves de mouvements de jambes, au minimum par la dorsi-flexion du pied, mais pouvant concerner l’ensemble des membres inférieurs, voire des membres supérieurs. Il entraine une fragmentation du sommeil avec les mêmes conséquences cardio-vasculaires et sur la vigilance que celles rencontrées dans le syndrome d’apnées du sommeil.
Ces deux syndromes sont une cause souvent méconnue de perturbation du sommeil.
Le syndrome des jambes sans repos concerne 8,4% de la population avec dans 2,5% de formes sévères et très sévères. Les mouvements périodiques du sommeil (MPS) sont de constatation fréquente dans la population générale (environ 5%) et leur prévalence augmente de façon importante avec l'âge. Cependant il semble que les MPS ne soient symptomatiques que lorsque les mouvements s'accompagnent de micro-éveils, ce qui n'est pas constant.
D’autres troubles moteurs liés au sommeil sont le bruxisme, les rythmies du sommeil, les myoclonies d’endormissement, les myoclonies propriospinales, les crampes nocturnes, les manifestations épileptiques.

Les parasomnies :

Ce sont des phénomènes moteurs, mentaux ou verbaux indésirables, survenant à l’endormissement, pendant le sommeil ou en émergeant du sommeil.

On distingue :
- les troubles de l’éveil en sommeil lent profond. Il est rapporté que les éveils confusionnels sont très fréquents avant l’âge de 5 ans; le somnambulisme l’est également chez l’enfant et peut toucher 1,9 à 3,2% des adultes.
- les troubles associés au sommeil paradoxal, la littérature indique que la prévalence des comportements violents au cours du sommeil serait de 2% dans la population générale et la prévalence des troubles du comportement en sommeil paradoxal avec violence de 0,5%. Le TCSP est caractérisé par une activité motrice indésirable survenant en SP en association avec le contenu de l’activité onirique.

La prévalence des troubles du sommeil chez l’enfant est élevée. Quelques chiffres peuvent la résumer : Insomnie (15-30% en fonction de l’âge), parasomnie (15-40%), hypersomnie (5-10%), syndrome d’apnées obstructives du sommeil (2-4%) notamment chez les enfants obèses (13%).

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